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G comme Grand dérangement

Grand dérangement, grande tragédie

Si en remontant votre arbre généalogique, vous vous êtes découverts des ancêtres acadiens, il est possible que vous ayez eu du mal à suivre leur trace, notamment vers 1755, époque à laquelle a eu lieu le «  Grand dérangement ». Vous allez me demander : Mais qu’est-ce que l’Acadie ? 


Commençons par le commencement : une petite (mais néanmoins nécessaire) explication :  L’Acadie est à l’origine une colonie française, située au nord de la Virginie, et passée sous domination anglaise en 1710, tout en gardant une certaine neutralité,  en refusant un serment d’allégeance conditionnelle. C’est là où le bât blesse : les Britanniques ont rapidement voulu renforcer leur présence, et ont pris pour prétexte ce refus pour expulser de leurs terres les Acadiens. Si quelques milliers d’entre eux se réfugient dans les autres colonies françaises, environ 8000 vont connaître le « Grand dérangement ». Ils sont expulsés vers d’autres colonies anglaises et embarqués sur des bateaux dans des conditions plus que précaires : des centaines de personnes décèdent pendant le voyage, de nombreuses familles sont séparées, leurs biens sont confisqués et leurs maisons incendiées, les Britanniques mettant en place une politique de la terre brûlée, tactique consistant à faire le maximum de dégâts possibles. Rien de très joyeux, donc.


Une diaspora éparpillée


Les destinations des bateaux sont variées : la Caroline du Sud, la Géorgie, ou encore la Pennsylvanie. Ils ont longtemps erré à la recherche d’une terre d’accueil sans véritablement s’établir notamment dans les colonies anglaises, en France, où près de 363 réfugiés furent accueillis à Belle-Ile-en-mer en 1765, où l’on retrouve encore aujourd’hui des noms bien acadiens comme Granger, ou encore aux Antilles. Cette terre d’accueil, ils la trouveront en Louisiane, chez les Cadiens, habitants de l’Acadiane, territoire aujourd’hui officiellement reconnu. Le flux d’arrivée des Acadiens s’étend jusqu’à la fin du 18e siècle, les populations cherchant à se regrouper. 


Tabarnak ! 


On retrouve aujourd’hui de nombreux Acadiens chez nos amis Québécois, ainsi on estime qu’un Québécois sur deux d’origine canadienne-française aurait des ancêtres acadiens. Pour illustrer cela, quoi de mieux que l’exemple du Premier ministre du Canada lui-même ? En effet Justin Trudeau aurait des origines acadiennes et descendrait de la famille Savoie, plus précisément de François Savoie qui a été déporté vers la Géorgie, mais dont la femme s’est réfugiée au Québec en 1756 après le Grand Dérangement. 


Aujourd’hui, la diaspora acadienne est de par cette histoire mouvementée très diverse. Aux États-Unis on les retrouve en Nouvelle-Angleterre où ils sont près d’un million, en Floride et bien sûr en Louisiane.  En France, on retrouve leur trace en Guyane, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Bretagne…


L’histoire tourmentée des Acadiens et le dispersement qui s’en est suivi n’ont cependant pas annihilé leur sentiment d’appartenance et leur identité, en effet tous les 5 ans est organisé un congrès mondial acadien dans le but de développer cette identité commune et de rassembler la diaspora acadienne. Un congrès qu’on ne saurait que vous conseiller si vous cherchez à retracer vos origines acadiennes ! 




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