Comprenez âges légaux, consanguinité et dispenses de mariage. Explications simples pour comprendre.
©Gallica - BnF
En généalogie, chaque mention d’âge ou de dispense dans un acte de mariage raconte une histoire. Ces détails ne sont jamais anodins :
Ils permettent de vérifier la cohérence d’un couple dans la chronologie familiale.
Ils signalent des unions particulières — cousins, mariage après concubinage ou différence de religion.
Ils ouvrent l’accès à des dossiers d’archives extrêmement détaillés, riches en informations personnelles (suppliques, enquêtes, décisions officielles).
Les dispenses de mariage sont accordées lorsqu’un empêchement canonique rend normalement l’union impossible. Cela peut concerner la consanguinité, une affinité familiale, ou une disparité de culte.
💡 À retenir : lorsqu’un acte mentionne un âge inhabituel ou une dispense, c’est souvent le signe d’une histoire familiale à explorer plus en profondeur.
Dans le droit canonique en vigueur jusqu’à la Révolution, l’âge minimum légal pour se marier était fixé à :
14 ans pour les garçons
12 ans pour les filles
En dessous de ces âges, le mariage était interdit et nul sans dispense.
Avec l’évolution du droit civil français (fin XVIIIᵉ siècle, Code civil napoléonien), ces seuils ont été relevés :
Moins de 15 ans pour les filles
Moins de 18 ans pour les garçons - ce qui nécessitait une dispense civile.
Dans les faits, les mariages précoces restaient rares. La majorité des unions se concluaient entre 20 et 25 ans, souvent après l’obtention d’un patrimoine ou le décès d’un parent.
💡 En pratique : si vous trouvez un mariage avant 16 ans, vérifiez toujours la présence d’une dispense ou d’une autorisation parentale.
Le droit canon distingue deux types d’empêchements :
Les empêchements prohibitifs : le mariage est contraire aux règles, mais reste valide après célébration (par exemple, promesse préalable à une autre personne).
Les empêchements dirimants : le mariage est interdit et nul sans dispense (âge insuffisant, consanguinité, disparité de culte, ou parenté spirituelle).
Une dispense d’empêchement levait cette interdiction au cas par cas, après examen par l’autorité compétente.
Pour les généalogistes, les empêchements les plus souvent rencontrés sont :
La consanguinité : mariage entre parents proches (jusqu’au 4ᵉ degré canonique).
L’affinité : lien apparenté par alliance (beau-frère, belle-sœur, etc.).
La parenté spirituelle : lien entre parrain/marraine et filleul(e).
La disparité de culte : union entre personnes de religions différentes.
💡 Astuce généalogique : une dispense mentionnant la consanguinité indique souvent un ancêtre commun identifié dans les dossiers d’enquête.
Selon le degré de parenté :
Le pape autorisait les mariages entre cousins germains (2ᵉ degré canonique).
L’évêque ou l’archevêque gérait les dispenses du 3ᵉ degré et au-delà.
Le concile de Latran IV (1215) a réduit le champ des interdits jusqu’au 4ᵉ degré, pour éviter l’endogamie tout en tenant compte de la réalité des villages isolés.
En droit canonique, on compte le nombre de générations entre chaque personne et l’ancêtre commun, puis on retient le plus grand écart.
En droit civil, on remonte jusqu’à l’ancêtre commun, puis on redescend : le total de « branches » donne le degré.
Ainsi, deux cousins germains sont au 2ᵉ degré canonique, mais au 4ᵉ degré civil.
Chaque dossier de dispense contient généralement :
Une supplique : requête officielle des époux mentionnant leur âge, leur condition, et les raisons du mariage.
Une enquête : témoignages des proches ou des voisins pour confirmer la parenté et la moralité.
La décision de dispense : autorisation (ou refus), parfois accompagnée de conditions ou de pénitences.
Exemple d’archives : en 1782, le diocèse du Cher approuve le mariage entre François Louis de Rochefort et Catherine Françoise Lebel de la Voreille, cousins germains, sous condition d’une séparation temporaire avant la cérémonie.
Les Archives départementales conservent ces dispenses dans la série G (fonds des officialités).
Exemples :
Cher : cotes 2 G 27 à 2 G 180 pour les dispenses de mariage, bans, temps prohibés, etc.
Les « fulminations » de bulles papales sont classées entre 2 G 270 et 2 G 287.
Avec l’introduction du mariage civil, l’État a instauré ses propres dispenses d’âge et de parenté.
Celles-ci figurent dans les sous-séries BB 15 et BB 11 des Archives nationales.
Elles concernent les demandes adressées au ministère de la Justice (affaires civiles).
Analyser les âges et dispenses de mariage, c’est aller au-delà des simples actes pour décrypter les stratégies familiales, les contraintes sociales et les choix de vos ancêtres
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