Elisabeth Vigée Le Brun, la portraitiste - Histoire d'Ancêtre

Elisabeth Vigée Le Brun est une grande peintre de l'entre XVIIIe et XIXe siècles, protégée de Marie-Antoinette, ses toiles sont une porte sur l'Histoire.

Elisabeth Vigée Le Brun, la portraitiste - Histoire d'Ancêtre

©️Wikimedia


Fille d'un père artiste

Louise-Elisabeth Vigée voit le jour à Paris, rue Coquillère, le 16 avril 1755. Fille du pastelliste Louis Vigée et de Jeanne Maissin, coiffeuse, elle est élevée nourrice près d'Epernon dans l'Eure-et-Loire. A ses 6 ans, elle quitte la campagne et entre à l'école du couvent de la Trinité. Déjà à l'époque, Elisabeth dessine et ne cesse d'impressionner son artiste de père qui lui donne quelques leçons.

Malheureusement, Louis Vigée décède d'une septicémie en 1767, Elisabeth a 12 ans. Il ne connaîtra jamais le succès de sa fille qui, pour mieux accepter la disparition de son père, se passionne largement pour la peinture et le dessin. Elle suit alors les leçons de Gabriel-François Doyen, peintre d'histoire, puis de Gabriel Briard qui lui permet d'entrer dans son atelier au palais du Louvre. C'est au Louvre d'ailleurs qu'Elisabeth rencontre Vernet, l'un des peintres les plus populaires à l'époque en Europe. Lui et Jean-Baptiste Greuze, conseilleront la jeune artiste.

C'est en copiant des toiles de grands maîtres tels que Rembrandt ou Van Dyck que l'artiste améliore sa technique. Elisabeth déclare d'ailleurs dans ses mémoires : "On pouvait exactement me comparer à l'abeille, tant j'y récoltais de connaissances...". A l'époque, les femmes artistes n'étaient pas admises dans les écoles d'arts, on les empêche de se former en peinture d'histoire et les cantonne aux natures mortes ou miniatures.

Malgré tout, en 1770, alors qu'elle n'a que 15 ans, son portrait de sa mère, Madame le Sèvre, la fait connaître. C'est à cet âge qu'elle devient peintre professionnelle. Deux ans plus tard, deux de ses portraits lui vaudront d'être autorisée à participer aux séances publiques de l'Académie royale. Une chance pour l'artiste ! La même année, elle rencontre Jean-Baptiste-Pierre Le Brun, marchand et restaurateur de tableaux. Très vite, il deviendra son agent et son mari.

L'année 1776 marque son entrée dans la Cour avec une commande pour le comte de Provence, le frère du Roi. Elle est admise à travailler pour la Cour de Louis XVI et devient la peintre officielle de la reine Marie-Antoinette.


La Révolution et l'exil

Le succès est au rendez-vous pour Elisabeth. Son atelier et hôtel particulier est à la mode, ses toiles se vendent bien, les commandes affluent de toute l'Europe... Jusqu'à la Révolution qui marque un tournant dans la carrière de l'artiste.

Alors qu'elle était en train de peindre le portrait de la comtesse du Barry, Elisabeth entend le canon retentir dans Paris. Nous sommes à l'été 1789. Alors que son hôtel particulier est saccagé par des sans-culottes, elle et sa fille quittent Paris pour l'Italie, l'Autriche ou l'Angleterre. Pendant son tour d'Europe, elle peint pour la haute aristocratie et envoie ses toiles jusqu'à Paris. Elle sera également invitée à Saint-Pétersbourg où elle restera plusieurs années, chez la comtesse Saltykoff, à peindre pour la bourgeoisie russe.

Elisabeth Vigée ne rentre en France qu'en 1802, après avoir été enlevée de la liste des émigrés suite à une pétition signée par plus de 250 artistes. Elle n'y restera pas longtemps et s'installera quelques temps à Londres. A son retour en France en 1809, l'artiste s'installe à Louveciennes, elle continue à peindre et ses tableaux sont à nouveau accrochés au Louvre ou dans les plus beaux châteaux. C'est à la fin de sa vie qu'elle rédigera une courte biographie ainsi que ses mémoires publiées en 1835.

Elisabeth Vigée Le Brun, devenue aveugle et sans famille, décède à Paris le 30 mars 1842 à 87 ans, elle sera enterrée à Louveciennes. Les trois quarts des oeuvres de l'artiste sont des portraits. Elle en compte plus de 650. Très populaire de son vivant, l'artiste sera critiquée un siècle plus tard par le mouvement féministe pour avant de tomber dans l'oubli.



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