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C comme C'est la fin pour papa

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C comme C'est la fin pour papa

Le destin de Jeanne Crossonneau Rossignol, Fille du Roi - Chapitre 2. Une plongée dans la vie de Montfort-l’Amaury dans les années 1660, entre deuil et orphelinat (?) pour Jeanne.


Temps de lecture : 3 min


LA VIE À MONTFORT-L’AMAURY

Nous sommes en 1662. Jeanne a douze ans, elle vit avec son père, Martin, maçon du village, sa mère et ses soeurs. La perte de Renée et Roberte est toujours difficile à accepter pour la famille… mais tout le monde s’affaire à faire vivre le foyer. Jeanne participe aux tâches ménagères, aide à la cuisine et à la couture.

Dès le XVIe siècle, Montfort-l’Amaury est véritablement un lieu de loisir pour les rois de France. François Ier y allait chasser en forêt et Henri IV y préparait sa conversion au catholicisme souvent accompagné de son fils Louis XIII. Il est dit que les rois fréquentaient l’auberge des Trois Chandeliers et que les hôtels particuliers se construisaient petit à petit. Depuis, des artisans s’installent à Montfort-l’Amaury pour travailler le bois; les paysans, eux, cultivent la cerise ou le raisin pour en faire du vin. Il est dit dans un manuscrit de 1627 que « la ville de Montfort est bien édifiée, peuples et mamans et habitans, riches et opulent en biens; et son chefs-d’hôtels jusqu’au nombre de six à sept cents ».

Le jour de la fête, le dernier jour d’avril, rassemble les peuples autour d’un marché et de foires. Il y a de très belles halles à Montfort-l’Amaury, près de l’église et une boucherie, aussi. Le marché qui se tient deux jours par semaine, le lundi et le jeudi, permet de vendre et acheter du blé et d’autres grains en grandes quantités. Jeanne y a, sans doute, accompagné sa mère Renée…


LE DÉCÈS DE MARTIN

En 1661, l’été est caniculaire et l’hiver particulièrement froid. Les gelées sont longues, presque continues à Paris. La Seine est gelée et la famine s’étend à tout le bassin parisien. Martin, le chef de famille, décède le 9 avril 1662, il a 40 ans. Il laisse derrière lui, sa femme, Jeanne, Marie à l’aube de ses 10 ans, Marie 8 ans et la petite Geneviève âgée de 5 ans.

Acte de décès de Martin Crossonneau

Acte de décès de Martin Crossonneau - Source : AD des Yvelines


Les petites se retrouvent orphelines de père, peut-être même perdront-elles leur maman rapidement. Je n’ai toujours pas mis la main sur l’acte de décès de Renée… Au XVIIe siècle, plus de 30% des enfants de moins de 15 ans sont orphelins de père. Ces orphelins légitimes peuvent être pris en charge par la famille, si celle-ci n’est pas trop pauvre; peuvent êtres confiés à l’hôpital ou sont malheureusement condamnés à l’errance.


DES ENFANTS DÉLAISSÉES

Puisque nous savons d’avance que Jeanne sera envoyée en Nouvelle-France comme Fille du Roi, on peut supposer qu’elle ait pu être placée dans l’une des maisons de l’Hôpital Général qui regroupe en 1656 la Salpêtrière et la Pitié. 250 Filles du Roi y auraient été recrutées entre 1669 et 1671. Ou bien au couvent des Ursulines ou la maison des Orphelins de Saint-Sulpice depuis laquelle 46 Filles du Roi furent recrutées. Malheureusement, je n’ai retrouvé aucune indication permettant d’affirmer le lieu auprès duquel Jeanne a été confiée, et encore moins pour ce qui est de ses petites soeurs… Peut-être sont-elles restées dans la famille ?

Ces lieux d’accueil présentent tous un caractère religieux prédominant et on y distingue les pauvres des bourgeois. On y apprend à vivre en silence, à vivre en communauté tout en évitant les contacts physiques, à vivre au rythme d’un emploi du temps strict. Parfois les visites de la famille sont autorisées… On porte l’uniforme, on mange surtout du pain et des potages et l’autorité des officières règne sur tout l’orphelinat dans le but d’inculquer de bonnes moeurs à ces enfants. A l’époque, l’instruction était donnée dans les écoles des communes. On y apprenait surtout la lecture, savoir écrire (et donc signer) était jugé moins important, surtout pour les filles. On ne saurait dire si les petites Crossonneau ont reçu cette instruction, toujours est-il que ni Martin, ni Renée, n’ont signé les actes des différents registres.

On ne sait pas à quelle date Jeanne est placée dans l’un de ses différents centres d’accueil, si elle a été séparée de ses soeurs, si elles ont été placées elles aussi et si leur mère leur rendait visite… En tout cas, la vie de Jeanne est chamboulée après la mort de son père et elle est sans doute bien loin de s’imaginer ce qu’il l’attend…


A demain pour la suite de notre Challenge AZ et de notre histoire d'ancêtre grand format : Le destin de Jeanne Crossonneau Rossignol, Fille du Roi.


Maud de Geneafinder


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