Tempêtes et tornades des siècles derniers en France

Nos ancêtres, eux aussi, ont connu des phénomènes météorologiques dévastateurs… Retour sur quelques uns d’entre eux.

Tempêtes et tornades des siècles derniers en France


Au début du mois d’octobre 2020, la terrible tempête Alex touche la Bretagne avant de continuer sa route vers le sud de la France et le centre de l’Europe. Les dégâts sont importants et le bilan humain est lourd. 7 français ont perdu la vie, une vingtaine sont portées disparues et les dégâts matériels sont très impressionnants dans le sud-est du pays…


Des tempêtes aux impacts sociaux économiques importants…


Chacun d’entre nous garde certainement un souvenir particulier de la tempête de décembre 1999. Reconnue comme « Tempête du siècle » tant elle a été dévastatrice, trois dépressions ont frappé l’Europe et fait 92 victimes et plus de 2000 blessés rien qu’en France. 

Dans une moindre mesure, plusieurs tempêtes ont profondément marqué notre territoire national par les dégâts qu’elles ont causé. Le 22 décembre 1872, Le Petit Marseillais recensait Les ouragans désastreux en Europe depuis le IVème siècle

Le 23 mars 1836 par exemple, une violente tempête impacte tout le pays. Des vents violents provoquent le naufrage de 78 marins partis pêcher au large de la Teste, en Gironde. Cette tempête sera aussi à l’origine de l’incendie qui ravagera le village de Damas-devant-Dompaire dans les Vosges. 

Autre exemple, le 3 février 1904, la force des vents entraîne de nombreuses submersions sur la Bretagne et la Manche. L’île Molène est coupée du monde, la population redoute la famine. Les habitants de l’Ile de Sein tentent d’échapper au ras de marée en se réfugiant sur les toits des maisons. Le village de Saint Guénolé est inondé, tout comme Penmarch et la mer monte sur 2km dans les terres. L’île de Jersey subit un tremblement de terre qui accentuera les grandes marées… Plusieurs victimes seront à déplorer et les terres bretonnes inondées resteront stériles pendant plusieurs années. 

On retrouve dans la presse ancienne de nombreuses mentions de tempêtes et ouragans. C’est le cas par exemple de l’Estafette du 13 septembre 1903 qui relate les dégâts d’ « Un ouragan sur nos côtes » et des nombreux sinistres, du Miroir qui met en avant des photos des dégâts causés par l’ouragan du mois de janvier 1920 à Paris, ou des « méfaits de la tempêtes » dans l’Ouest-Eclair du 2 décembre 1935


…aux tornades dévastatrices 


L’intensité des tornades est évaluée selon l’échelle de Fujita. Quelques tornades classées en EF4 (dommages dévastateurs, vents compris entre 267 et 322km/h) et EF5 (dommages incroyables, vents supérieurs à 322km/h) ont frappé la France ces derniers siècles. 

La Tornade de Montville (EF5) par exemple, frappe plusieurs communes de Seine-Maritime le 19 août 1845. Elle se déplace sur 15 km et fait 70 victimes et 130 blessés sur son passage. Des milliers d’arbres sont arrachés, déracinés, envolés. Des maisons sont détruites en poussières et on en retrouve des débris jusqu’à 30km de Montville… Les communes les plus touchées sont Montville, Saint-Jean-du-Cardonnay, Le Houlme, Malaunay, Eslettes, Anceaumeville, Cières et Grugny.

La Tornade de Saint-Claude (EF4), se déplace sur plus de 80km, un record en France. Le 19 août 1890, l’Ain et le Jura tremblent sous les vents de cette tornade. On dénombre 6 décès, des forêts et habitations entièrement détruites et même un wagon avec une grue de 25 tonnes projeté 20 mètres plus loin, c’est dire toute la puissance de ces vents…

Six ans plus tard, la Tornade de Paris marque le pays plus par ses dégâts que son intensité (EF2). Le 11 septembre 1896, six arrondissements seront balayés en quelques minutes, les arbres déracinés, les toits arrachés, les voitures renversées et 5 victimes seront à déplorer…

La presse s’empare du sujet dès le lendemain et nous permet d’en apprendre plus :

« Elle était assez comparable, à l'œil, à la fameuse colonne de feu dont parle la Bible et qui guida les Hébreux vers la mer Rouge. » (Le Matin, 11/09/1896)

« [...] Le plus curieux, c’est que pendant ce temps, à Montmartre, dans le neuvième arrondissement, aux Champs-Elysées, au Champ-de-Mars, personne ne se doutait qu'un cyclone terrible exerçait ses ravages dans Paris. On avait de la pluie et c'était tout.

A quatre heures, le cyclone avait passé. Le ciel se rassérénait. La pluie cessait complètement. » (Le Figaro, 11/09/1896)


Tornade du 10 septembre 1896 à Paris Georges Redon



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