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N comme Nauru

Alors que nous sommes à plus de la moitié du ChallengeAZ, vous avez certainement remarqué que chez Geneafinder nous adorons les voyages et les histoires, d’autant plus quand il s’agit de s’échapper quelques minutes sur une île perdue au milieu de l’océan.

Pour notre article sur la lettre H nous avions choisi de vous emmener sur l’île (maintenant) déserte de Hashima. Dans l’article d’aujourd’hui c’est sur l’île de Nauru, en plein océan Pacifique, que nous partons. Une île qui ne connaît malheureusement pas un destin plus glorieux que l’île de Hashima…


La vie sur Nauru avant le XVIIIe siècle

Nous vous le disions, l’île de Nauru se situe en plein océan Pacifique, entre l’archipel de Hawaï et l’Australie pour être précis. Née il y a quelques millions d’années, ce bout de terre ne fait que 21km², ce qui en fait l’un des pays les plus petits du monde. Il deviendra d’ailleurs, quelques années plus tard, le deuxième pays le plus riche du monde… mais commençons par le commencement. 

Il semblerait que les premiers habitants de l’île de Nauru soient d’origines mélanésienne, micronésienne et surtout polynésienne. Ils se seraient alors installés sur la côte en négligeant le cœur du plateau nauruan. On recense plus d’une dizaine de communautés côtières, autant de districts et 12 clans pour un peu plus de 1000 habitants. Les habitants de l’île vivent bien à Nauru, mieux que les habitants des îles voisines. Ils vivent surtout de la pêche, de la pisciculture de poissons-laits et de la récolte de noix de coco.

L’arrivée des premiers européens au XIXe siècle

Les premiers européens arrivent sur l’île de Nauru à la fin du XVIIIe siècle, devancés par le capitaine britannique John Fearn sur son baleinier Hunter. L’île est tellement resplendissante et verdoyante qu’il la nomme Pleasant Island. Il rencontrera les nauruans, accueillants et non armés. Fier de sa découverte, le capitaine repart et la vie paisible sur l’île reprend son cours. En 1830, l’ouverture sur le monde occidental avec l’arrivée d’Européens se fera de manière plutôt brutale. Les premiers à s’installer à Nauru sont issus de l’industrie baleinière et sont en majorité des bagnards, des déserteurs de baleiniers ou des vagabonds qui apportent avec eux leurs lots d’armes à feu, d’alcool et autres produits venant briser le calme environnant. Ils apporteront aussi de nombreuses maladies qui décimeront une partie de la population de l’île. Ces arrivées perturbent largement la tranquillité et la stabilité de l’île jusqu’au début des années 1880 où un conflit tribal, une guerre civile en d’autres termes, éclate attisée par des marchands Européens aux intérêts personnels. Quelques années plus tard, les Allemands y rétabliront la paix et exploiteront la noix de coco, comme les nauruans. Mais ce semblant de calme ne durera pas longtemps… 


Entre exploitation du phosphate et guerres mondiales au XXe siècle

Le calme durera, en fait, jusqu’à ce que le néo-zélandais Albert Ellis découvre un large gisement de phosphate, un engrais très intéressant pour le développement de l’agriculture. Tellement intéressant que de grandes compagnies minières européennes s’installent sur l’île pour exploiter le gisement en employant de la main d’œuvre généralement chinoise ou issue des colonies allemandes. Ce fertilisant naturel s’arrache à prix d’or dans les pays occidentaux. 

En 1914, l’île de Nauru, alors colonie allemande, est attaquée par les Alliés puis annexée par l’Australie, heureusement sans combat mortel. Jusqu’en 1921, l’île constituera une partie des Territoires britanniques du Pacifique occidental et l’exploitation de phosphate suivra son cours sans encombre. Pendant la seconde Guerre Mondiale, l’île subira à la fois des attaques japonaises et allemandes, avant que le Japon en prenne totalement possession. Sur Nauru, l’activité du phosphate cessera pour n’être plus qu’une ligne de défense pour les Japonais. L’île sera bombardée par les Américains, les habitants seront déportés pour travailler dans les îles Truk pour les Japonais et cette fois, beaucoup de Nauruans ne survivront pas.

A la fin de la guerre, la gestion de Nauru sera confiée au Royaume-Uni, à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande qui relanceront à la hâte l’extraction du phosphate. Mais les conditions de vie et de travail sont mauvaises et les émeutes et répressions se multiplient. Les habitants réclament plus de pouvoir et plus de royalties aussi puisqu’un très faible pourcentage des recettes de l’exploitation leur revient.

XXe siècle, de l’âge d’or au déclin

L’île devient indépendante en janvier 1968, devient la plus petite république du monde et entre dans une période économique très favorable. A l’époque, Nauru est la seule île encore capable d’exploiter et d’exporter du phosphate, les réserves des îles voisines étant épuisées. Le gouvernement de l’île nationalise les entreprises d’exploitation et contrôle en totalité le gisement du  minerai. Nauru et les nauruans s’enrichissent jusqu’à devenir le deuxième pays le plus riche du monde en 1974 (en 2015, c’est l’une des trois économies les plus faibles du monde).

Mais au début des années 1990 les ressources s’épuisent et le pays entre dans une grave crise financière. Fini le temps où les habitants n’avaient pas besoin de travailler, où l’état offrait télévision, climatiseur et frais de santé en plus de l’eau et de l’électricité. L’argent coulait à flots… La mauvaise gestion de la richesse du pays et la corruption entraînent l’île dans une spirale infernale. L’État tente à tout prix de réduire ses dépenses, mise tout sur le tourisme et tente d’attirer de grandes entreprises avant de tomber dans l’illégalité en se transformant en paradis fiscal. Malheureusement, aujourd’hui les excès du passé sont bien  présents : chômage, taux d’alcoolisme élevé, obésité et diabète et l’espérance de vie des 12000 habitants est bien moins élevée que celle des occidentaux (60 ans en moyenne).


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