Kif-kif, Jeanne a affaire à la justice - L'histoire d'une Fille du Roi

Le destin de Jeanne Crossonneau Rossignol, Fille du Roi - Chapitre 10. Jeanne est au coeur d’une plainte déposée à la Prévôté de Québec, mais pour quel motif ?

Kif-kif, Jeanne a affaire à la justice - L'histoire d'une Fille du Roi


Temps de lecture : 2min


UNE PLAINTE POUR DIFFAMATION

Nous sommes en 1673. Le printemps laisse place à l’été, le ciel est bleu et le soleil brille. Par ce temps et ces températures bien plus agréables, les habitants du petit village de Neuville se pressent dehors. Certains travaillent leurs terres, s’occupent de sortir leurs bêtes tandis que d’autres intensifient leur contribution à la traite de fourrures. Jeanne, enceinte de son deuxième enfant, pouponne son petit Jacques de bientôt 9 mois.

A l’époque, la parole fait partie intégrante de la vie sociale au Québec. Ce fut d’ailleurs une source d’ennuis pour Jeanne. En effet, on retrouve dans les archives judiciaires un passage concernant notre protagoniste (décrite par un descendant et traduite par mes soins) et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne semble pas bien s’entendre avec ses voisins…

« Le 20 juin 1673, Jeanne dépose une plainte devant la Prévôté de Québec contre Suzanne Rousselin, Fille du Roi. Cependant, après avoir entendue l’affaire, la Cour a ordonné à Jeanne de rester en dehors de ce qui ne la regarde pas et a sommé les deux parties de ne plus s’insulter. Le même jour, Jacques Sabourin et sa femme Mathurine Renault ont traduit Jeanne en justice pour diffamation. La Cour a décidé qu’à moins que Jeanne soit capable de prouver que Jacques est un voleur et que sa femme est une putain, elle devrait faire une « réparation de l’honneur » (des excuses publiques) aux couples, chose que Jeanne fit. »


LA JUSTICE EN NOUVELLE-FRANCE

La Nouvelle-France, bien qu’éloignée du vieux continent pratique le droit pénal issu de la Coutume de Paris, mis en place par Louis XIV en 1667. A moins de réussir à prouver leur innocence, les criminels sont présumés coupables.

On condamne différents types d’attaques en Nouvelle-France :

- Les « attaques contre la propriété d’autrui », qui se rapportent au vol, au recel ou à la désertion domestique entre autres.

- Les « attaques contre la personne » comme le meurtre, l'homicide involontaire, le suicide, l'infanticide ou l'avortement, l'empoisonnement, le rapt, la diffamation ou la querelle.

- Les « attaques contre les moeurs » regroupant tous les délits sexuels, le blasphème ou l’ivresse.

- Les « attaque contre l’Etat » ou la désertion, la désobéissance et le non respect des lois établies.

Ces crimes peuvent être punis par différents châtiments comme la pendaison, le fouet, les galères ou le carcan…

Le nombre de personnes appelées à comparaître devant la justice canadienne pour violence verbale ou physique est important à l’époque. Les insultes les plus lancées se rapportent le plus souvent à l’honneur de la personne. On insulte un homme en disant de lui que c’est un voleur, un gueux ou un fripon et on insulte une femme en la qualifiant de garce, putain ou maquerelle. On le voit bien avec l’exemple de Jeanne ci-dessus.


Dans quel contexte ces échanges verbaux ont éclatés ? Que pouvait-elle reprocher à ses voisins ? C’est l’un des nombreux secrets gardés par le passé…


A demain pour la suite de notre Challenge AZ et de notre histoire d'ancêtre grand format : Le destin de Jeanne Crossonneau Rossignol, Fille du Roi.


Maud de Geneafinder

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